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Comment choisissons-nous nos reproducteurs ? Notre vision de la sélection du Cane Corso

gardiensdecebenna
15 sept.
8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours

Choisir un reproducteur ne consiste pas, pour nous, à chercher le chien qui coche le plus de cases.


Tests de santé, résultats d'exposition, cotations, pedigree, titres… tous peuvent apporter des informations. Mais aucun de ces éléments, pris isolément, ne suffit à définir la valeur d'un reproducteur et encore moins la pertinence d'un mariage.


Notre sélection repose avant tout sur la connaissance des chiens et de leurs lignées, l'observation de ce qu'ils transmettent et le recul acquis au fil des générations.


My Silver Princess des Gardiens de Cebenna et sa fille Sangaris des Gardiens de Cebenna
My Silver Princess des Gardiens de Cebenna et sa fille Sangaris des Gardiens de Cebenna

La santé au-delà des tests

La santé occupe évidemment une place essentielle dans nos choix.


Nous réalisons les dépistages qui nous paraissent pertinents et utilisons les informations qu'ils apportent. Mais un test renseigne sur un individu, à un moment donné et pour une affection donnée. Un excellent résultat ne garantit à lui seul ni une bonne santé générale, ni une longue vie, ni une bonne transmission.


Nous regardons donc aussi les parents, les frères et sœurs, les collatéraux et, lorsqu'ils existent, les descendants.


Avec le temps, la répétition d'un problème dans une famille, l'âge auquel certaines pathologies apparaissent ou, au contraire, la bonne santé et la longévité observées sur plusieurs générations deviennent des informations particulièrement précieuses.


L'histoire sanitaire d'une lignée fait pleinement partie de notre sélection.


C'est aussi pourquoi le suivi de nos chiots après leur départ est si important : les nouvelles que nous donnent leurs familles, parfois des années plus tard, peuvent directement influencer nos choix futurs.


Le caractère : une priorité

Environ 99 % de nos chiots rejoignent des familles.


Nous recherchons donc des Cane Corso équilibrés, stables, sûrs, capables de s'adapter à une vie familiale et sociale normale tout en conservant le tempérament que nous attendons de la race.


Lorsque nous connaissons une lignée depuis plusieurs générations, nous tenons également compte des traits de caractère que nous pouvons retrouver dans différentes branches.


Un chien peut être magnifique, parfaitement testé et posséder un pedigree impressionnant : si son tempérament ou ce que nous connaissons de celui de sa famille ne nous convient pas, nous ne le choisirons pas pour autant.


Le caractère est un véritable critère de sélection. Nous aurions par exemple pu élargir le panel de robes présentes à l’élevage en utilisant certains mâles noirs ou bringés comme étalons. Certains présentaient des qualités intéressantes, mais leur caractère ne correspondait pas suffisamment à ce que nous recherchons chez un Cane Corso et nous n'avons pas insisté.


Very Good Vibes des Gardiens d'Ecosse et moi en pause câlin
Very Good Vibes des Gardiens d'Ecosse et moi en pause câlin

Préserver le type, pas suivre une mode

Nous élevons du Cane Corso : la morphologie et le respect du type de la race font évidemment partie de notre travail.


Nous recherchons les caractéristiques qui correspondent à notre lecture du standard tout en restant attentifs à la construction générale, aux déplacements et à la fonctionnalité du chien.


Mais nous ne cherchons ni l'exagération ni le Cane Corso à la mode du moment.


Les tendances morphologiques changent. Une sélection, elle, engage plusieurs générations. Notre objectif est donc moins de produire le chien qui impressionnera aujourd'hui que de conserver une cohérence dans le temps.


D'ailleurs le standard ne devrait pas davantage servir de point de départ à deux sélections opposées, l’une orientée « beauté » et l’autre « travail ».


Un Cane Corso équilibré et conforme à sa race doit pouvoir protéger sa propriété et sa famille sans que l’on recherche pour autant un chien excessivement réactif ou un type qui s’éloigne du molossoïde. De la même manière, il doit pouvoir trouver sa place sur un ring d’exposition sans avoir besoin d’être toujours plus angulé, spectaculaire ou démonstratif dans ses allures.


Les lignées dites « de beauté » ou « de travail » qu'on peut retrouver dans certaines races ne devraient donc pas constituer des objectifs de sélection en elles-mêmes : l’objectif reste, avant tout, de préserver un Cane Corso conforme au standard dans son ensemble, aussi bien dans sa morphologie que dans son caractère et ses aptitudes.


Multi Champion Sun des Gardiens de Cebenna
Multi Champion Sun des Gardiens de Cebenna

Connaître les lignées plutôt que collectionner les noms

Un pedigree est indispensable pour étudier les origines d'un chien. Mais une succession de noms, même prestigieux, ne raconte pas une lignée.


Ce qui nous intéresse est ce que nous savons réellement des chiens qui se trouvent derrière ces noms et, lorsque nous disposons de cette information, ce qu'ils ont transmis.


Plus nous connaissons une famille, plus le pedigree devient parlant.


Notre élevage s'est ainsi construit autour de souches maternelle suivies génération après génération. Cette continuité nous permet de mieux distinguer ce qui semble se transmettre régulièrement de ce qui était probablement individuel, ce que nous souhaitons préserver et les points sur lesquels nous devons rester vigilants.


Mais construire une souche ne signifie pas la refermer sur elle-même.


Nous faisons régulièrement appel à des étalons extérieurs lorsque nous pensons qu'ils peuvent apporter quelque chose de pertinent à nos femelles.


Il nous arrive également de retrouver notre propre travail à travers des chiens issus de notre production ou du travail de collègues éleveuses, après que ces origines ont été associées à d'autres lignées.


Nous pouvons ainsi retrouver des qualités que nous connaissons tout en bénéficiant d'apports et de choix de sélection réalisés ailleurs.


L'objectif n'est pas de conserver une souche figée, mais de préserver ce qui nous semble précieux tout en continuant à la faire évoluer.


De gauche à droite, Odena et Tina, Onela et Virana et Aïden : plusieurs générations de notre travail, entre continuité de nos lignées et apports extérieurs



Nous choisissons un mariage, pas un reproducteur idéal

Le reproducteur parfait n'existe pas.


Tous les chiens possèdent des qualités et des limites. Nous ne cherchons donc pas « le meilleur mâle » dans l'absolu, mais celui qui nous paraît pertinent pour une femelle donnée.


Au moment de réfléchir à un mariage, nous confrontons l'ensemble des informations dont nous disposons sur les deux reproducteurs et leurs familles.


Nous recherchons une complémentarité sans imaginer qu'il suffirait de placer une qualité face à un défaut pour le faire disparaître. La génétique n'est pas une addition de qualités à laquelle on soustrait les défauts.


Un mariage peut être raisonné aussi sérieusement que possible : une part d'incertitude existera toujours.


Conserver sans appauvrir

Travailler une lignée sur plusieurs générations oblige à réfléchir à la diversité génétique.


La consanguinité peut permettre de fixer certaines caractéristiques, mais elle peut tout aussi efficacement augmenter la probabilité de faire ressortir des caractères indésirables ou des problèmes présents dans une famille.


Nous l'abordons donc avec prudence.


Un coefficient de consanguinité ne raconte d'ailleurs pas à lui seul un pedigree. Deux chiffres comparables peuvent correspondre à des situations très différentes selon les ancêtres concernés et ce que nous connaissons réellement de ces familles.


À l'inverse, un pedigree totalement ouvert ne garantit pas automatiquement un meilleur mariage : introduire une famille que l'on connaît peu apporte aussi de nouvelles inconnues.


Nous recherchons donc un équilibre entre continuité de notre travail, connaissance de nos lignées et diversité génétique suffisante.


La descendance : là où nos choix sont réellement confrontés aux faits

Avant sa première portée, nous pouvons connaître beaucoup de choses d'un reproducteur. Il manque pourtant encore une information essentielle : ce qu'il transmet.


Une portée peut confirmer certaines qualités, en révéler d'autres ou faire apparaître un point auquel nous n'avions pas accordé suffisamment d'importance. Avec plusieurs descendants, plusieurs mariages ou plusieurs générations, certaines observations prennent davantage de poids.


Notre regard sur un reproducteur ou une branche peut donc évoluer.


Cela peut nous conduire à renouveler un mariage qui nous a convaincus, à choisir ensuite un partenaire très différent, à ne pas conserver un descendant que nous pensions garder ou parfois à arrêter complètement de travailler une branche.


Sélectionner, c'est aussi accepter que ce que nous produisons puisse remettre en question ce que nous pensions savoir.


Ci-dessous, CH Sun des Gardiens de Cebenna et sa fille Very Good Vibes des Gardiens d'Ecosse.


Observer aussi le vieillissement

Le suivi ne s'arrête pas à la descendance.


Nous gardons également ici, à la retraite, la grande majorité de nos reproducteurs.


Cela nous permet de voir comment ils vieillissent, d'observer leur santé, leur mobilité et leur longévité, mais aussi l'éventuelle apparition de problèmes plus tardifs.


Ces informations, impossibles à connaître lorsqu'un chien est jeune, nourrissent elles aussi notre réflexion et peuvent orienter nos choix pour les générations suivantes.


Savoir renoncer

Cette remise en question peut aussi conduire à renoncer.


Un chien peut avoir été gardé et élevé pendant plusieurs années dans l'idée de reproduire et finalement ne jamais avoir de descendance. Parce qu'avec le temps, son évolution, sa santé, son caractère ou les informations recueillies sur sa famille peuvent nous amener à revoir notre choix.


Faire naître est facile. Décider de ne pas faire naître l'est parfois beaucoup moins.


Conserver un chien pour la reproduction ne crée aucune obligation de le faire reproduire. Lorsque les informations dont nous disposons ne nous semblent plus suffisantes ou cohérentes avec notre sélection, nous préférons renoncer.


Et ce que nous ne sélectionnons pas

Certains éléments sont particulièrement visibles et faciles à mettre en avant. Ils ne constituent pas pour autant des objectifs de sélection.


La couleur, d'abord. Nous connaissons évidemment la génétique des robes de nos mariages, mais nous ne choisissons pas un reproducteur pour produire davantage de gris, de froment ou de bringé. La couleur est une caractéristique du chien, pas un objectif d'élevage.


Nous ne recherchons pas non plus le Cane Corso le plus gros ou le plus lourd possible. C’est un molosse, mais un molosse qui doit rester athlétique, mobile et fonctionnel. Si l’objectif premier est d’avoir un chien toujours plus massif et imposant, d’autres races comme le Mâtin napolitain ou le Mastiff répondent déjà à cette recherche. Le Cane Corso n’a pas besoin de leur ressembler.


Nous ne revendiquons pas davantage de prétendues lignées de travail ou de beauté : notre objectif reste le Cane Corso dans son ensemble, sans privilégier artificiellement une facette de la race au détriment des autres.


Enfin, titres et cotations ne décident pas de nos choix. Les expositions peuvent apporter un regard extérieur, notamment lorsqu'on construit encore son expérience de la race. Avec le temps, notre propre observation des chiens et de leur évolution au fil des générations a naturellement pris davantage de place dans nos choix. Et bien sûr, un titre ne fait pas un reproducteur.


Quant aux cotations, nous ne les prenons jamais en compte dans le choix de nos reproducteurs. Elles reposent sur différents critères cynophiles, dont certains peuvent apporter des informations et d'autres nous paraître plus discutables.


Une sélection qui se construit dans le temps

Beaucoup de choses sont faciles à montrer : un titre, une cotation, une couleur recherchée, un pedigree prestigieux ou une morphologie spectaculaire.


Ce qui se voit le mieux n'est pourtant pas nécessairement ce qui se transmet le mieux.


C'est pourquoi nous préférons construire notre sélection sur ce que le temps nous permet réellement d'apprendre des chiens, des familles et des générations que nous suivons.


Nous ne prétendons pas tout maîtriser. La génétique ne le permet pas. Nous essayons simplement de disposer du maximum d'informations, de les regarder avec recul et d'accepter de remettre nos choix en question lorsque les faits nous y conduisent.


Cette volonté de garder une cohérence dans notre travail explique aussi pourquoi nous vendons très rarement nos chiots pour la reproduction. La très grande majorité rejoint des familles comme chiens de compagnie. Nous préférons maîtriser l'évolution de nos lignées plutôt que multiplier leur diffusion.


Notre objectif reste finalement assez simple à formuler : faire naître, génération après génération, des Cane Corso sains, équilibrés, fonctionnels, cohérents avec notre vision de la race et capables avant toute autre chose de devenir de bons compagnons de vie.


Découvrir nos mariages

Cette réflexion prend tout son sens dans les mariages que nous réalisons et dans le suivi des générations qui en sont issues.

Pour découvrir nos mariages en cours et à venir, retrouvez nos portées.


Bellator des Gardiens de Cebenna dit Brennus (par Aïden et Vibes et donc arrière-arrière-petit-fils de My Silver Princess des Gardiens de Cebenna) et sa petite maïtresse
Bellator des Gardiens de Cebenna dit Brennus (par Aïden et Vibes et donc arrière-arrière-petit-fils de My Silver Princess des Gardiens de Cebenna) et sa petite maïtresse

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